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Casino en ligne sécurisé en France en 2026 : ce que la « sécurité » recouvre quand le produit est interdit

État des données au 7 novembre 2026, sur la base de la liste officielle publiée par l’ANJ et du fichier public des décisions de blocage.

Interface d'un site de casino en ligne affichant un cadenas de connexion sécurisée et un certificat de chiffrement du navigateur
Au 17 septembre 2026, la liste officielle de l’ANJ ne recense que 17 opérateurs agréés pour 22 noms de domaine en .fr, aucun casino en ligne n’y figurant.

La forme française du « casino sécurisé » : un produit absent du registre

En France, l’expression « casino en ligne sécurisé » décrit un objet qui n’existe pas sous sa forme la plus simple : un casino en ligne ne peut pas être agréé. L’Autorité nationale des jeux, l’ANJ, ne délivre d’agrément en ligne que pour trois verticales — les paris sportifs, les paris hippiques et le poker, ce que le régulateur appelle les « jeux de cercle ». Les machines à sous, la roulette, le blackjack et le baccara restent hors du champ de l’agrément, au motif que leur potentiel d’addiction est jugé incompatible avec le régime français. Conséquence : un joueur qui cherche un « casino en ligne sécurisé français » cherche en réalité un service qu’aucune autorité française n’est habilitée à certifier, et toute page qui promet le contraire promet une protection qu’elle ne peut pas fournir.

Ce point structure tout le reste. Les six marques qui occupent les premières places du trafic français dans ce secteur sont précisément les marques que l’ANJ a décidé de bloquer, parfois à de multiples reprises, en s’appuyant sur la loi du 2 mars 2022. Les chiffres publiés par le régulateur sur son site donnent l’échelle du phénomène : 510 sites illégaux identifiés dans l’étude PwC qu’il a commandée pour la période janvier-mars 2023, dont 21 concentrant 60 % du trafic, et un produit brut des jeux du segment illégal estimé entre 748 millions et 1,5 milliard d’euros, soit 5 % à 11 % du marché total des jeux d’argent en France. Sur ces 510 sites, les jeux de casino et les machines à sous pesaient la moitié du trafic. Trois millions de personnes environ ont consommé une offre illégale au moins une fois par mois en 2023, et la moitié d’entre elles ignoraient que l’offre était illicite — un chiffre que l’ANJ a repris dans la campagne d’information lancée le 7 octobre 2024, où le régulateur annonce entre 3 et 4 millions de joueurs sur des sites illégaux et rappelle qu’un consommateur sur deux ignore le caractère illicite de ce qu’il utilise.

Document administratif représentant une procédure officielle de mise en demeure avant blocage d'un site de jeu
Depuis la loi du 2 mars 2022, l’ANJ peut ordonner le blocage et le déréférencement des sites de jeux d’argent illégaux en France.

À cette échelle, le mot « sécurisé » cesse d’être un argument de marque : il devient la question elle-même. Sécurisé par qui, pour quoi, contre quoi — et à qui s’adresse la sécurité quand le régulateur national lui-même considère l’offre comme hors-la-loi.

Ce que la loi permet, ce qu’elle interdit, et ce que la « sécurité » recouvre réellement

Le paysage français se décrit en trois couches, qu’il faut tenir séparées pour ne pas confondre un cadre légal avec une promesse marketing.

Formulaire en ligne d'inscription à un registre national d'auto-exclusion des jeux d'argent
L’interdiction volontaire de jeux dure au minimum trois ans et ne couvre que les opérateurs agréés par l’ANJ, jamais les casinos en ligne offshore.

La couche légale est étroite et fixe. Trois verticales en ligne — paris sportifs, paris hippiques, poker — peuvent être exercées par des opérateurs privés agréés. La liste publiée par l’ANJ comptait, à la date de cette vérification, 17 entités juridiques titulaires d’un agrément réparties sur 22 noms de domaine en .fr, sans aucune colonne ni mention de casino en ligne. Les opérateurs de référence sont Parions Sport (FDJ) et Betclic, Winamax, Unibet, bet365 sur le périmètre le plus large, PMU sur les trois verticales, et pour les paris sportifs et hippiques Betsson, Netbet, VBET, Circusbet, DAZNBet ou Genybet. Le marché total des jeux d’argent en France reste l’un des plus encadrés d’Europe, et son cadre n’a pas bougé en 2026 : le projet de légalisation du casino en ligne a été abandonné le 28 octobre 2024 face à l’opposition des casinos terrestres, remplacé par une concertation nationale toujours en cours.

La couche illégale est l’endroit où se pose la question de la sécurité. Un casino en ligne qui s’adresse à un joueur français sans agrément opère en dehors de ce cadre. L’ANJ tient depuis mars 2022 une liste noire publique, qui recense les sites bloqués et déréférencés pour offre ou publicité illicite. La page de la liste rappelle une précision importante : « si le site ne figure pas dans cette liste, cela ne signifie pas qu’il est autorisé ». L’absence de signal n’est pas un feu vert.

La couche de la sécurité technique, enfin, est réelle mais ne suffit pas à caractériser une offre. Un certificat SSL et un RNG audité sont des conditions nécessaires ; ils ne sont pas des conditions suffisantes pour un joueur français, parce qu’ils ne raccordent l’offre ni à l’ANJ, ni au registre d’auto-exclusion, ni à un mécanisme de médiation en cas de litige. La « sécurité » d’un casino offshore n’a ni la même définition, ni la même effectivité, que celle d’un opérateur agréé. Elle protège le transport des données et l’équité du tirage ; elle ne protège pas le joueur dans son rapport au cadre légal ni dans sa capacité à faire valoir un droit en cas de différend.

Comment l’ANJ procède : le blocage comme levier principal

La loi du 2 mars 2022 a donné au président de l’ANJ le pouvoir d’ordonner le blocage et le déréférencement des sites qui proposent ou font la publicité d’une offre de jeux d’argent illégale. La procédure suit un formalisme précis : un agent assermenté de l’ANJ dresse un procès-verbal constatant l’infraction ; une mise en demeure est adressée à l’éditeur du site et à son hébergeur ; un délai de cinq jours est ouvert pour observations ; passé ce délai, un second procès-verbal est dressé si rien n’a changé, et le blocage devient effectif. L’ANJ publie la liste de ces décisions dans un fichier public mis à jour régulièrement, qui sert de référence opposable.

Le volume traité donne la mesure du phénomène : entre mars 2022 et le 7 octobre 2024, l’ANJ a pris 506 actes administratifs de blocage correspondant à 2 365 URL bloquées — un volume présenté par le régulateur comme près du double de ce que douze années de procédures judiciaires avaient permis. Le blocage n’est pas un épiphénomène : c’est l’outil principal du régulateur, et il s’exerce sur les marques qui apparaissent dans la première page de résultats de recherche d’un internaute français. C’est précisément la raison pour laquelle les marques bloquées se multiplient en domaines miroirs : un blocage ne ferme pas une marque, il ferme une URL, et l’opérateur répond en redéployant d’autres adresses sous le même nom commercial.

Le miroir-domaine : un calcul simple pour mesurer la dispersion d’une marque bloquée

Pour une marque bloquée par l’ANJ, le nombre de domaines saisis dans la liste noire donne un proxy immédiat de sa dispersion. Plus la marque compte de domaines miroirs recensés, plus elle a joué le jeu de la redirection et de la rotation d’adresses pour rester accessible malgré les blocages successifs — et plus le coût administratif pour le régulateur, et le coût cognitif pour le joueur qui essaie de la suivre, sont élevés.

Sur les six marques retenues ici, les chiffres sont les suivants. LeonBet arrive en tête avec 116 domaines recensés sous ce libellé dans la liste noire de l’ANJ, une ampleur sans équivalent dans le lot — la marque a accumulé des centaines d’adresses entre la première décision du 15 décembre 2023 et la plus récente du 20 novembre 2025. Betify suit avec 46 domaines bloqués, premier acte le 4 mars 2024 et dernier le 26 mai 2026. Alexander Casino compte 12 domaines, premier blocage le 13 novembre 2024, dernier le 19 février 2026. MyStake affiche 10 domaines, premier le 13 juin 2022, dernier le 26 avril 2023 — un cas où la marque a été plus stable dans le temps, ou plus difficile à saisir dans ses rotations. LuckyTreasure recense 7 domaines, premier le 14 juin 2023, dernier le 11 avril 2024. Casino Extra, enfin, apparaît sous 4 domaines (plusieurs adresses de la marque), traités par l’ANJ comme une seule et même marque bloquée.

Moyennant les six marques, on obtient une moyenne de l’ordre de 32 domaines par marque, mais la distribution est très inégale : LeonBet et Betify portent l’essentiel du chiffre, et la médiane se situe plutôt entre 7 et 12 domaines. La moyenne seule masquerait cette dispersion, et c’est précisément la raison pour laquelle elle se lit comme une bande, pas comme un point : la majorité des marques bloquées recensées se concentrent dans la fourchette basse, et la moyenne est tirée vers le haut par deux acteurs qui ont joué à grande échelle la stratégie du miroir-domaine. Pour le joueur, la lecture est simple : une marque avec un nombre élevé de domaines sous le même libellé est une marque qui a fait l’objet de blocages répétés, et dont l’adresse qu’il a trouvée est probablement l’une de celles que le régulateur a déjà identifiée.

Les six marques que le lecteur français rencontre réellement

Le classement ci-dessous n’est pas un palmarès : aucune de ces marques ne peut être recommandée à un joueur résidant en France, puisque le produit qu’elles proposent n’est pas agréé dans l’ANJ. L’ordre suit la logique du fichier public de blocage, et chaque entrée rappelle ce que la page consultée a affiché au moment de la vérification.

Alexander Casino

Alexander Casino figure dans la liste noire de l’ANJ sous 12 domaines, du 13 novembre 2024 au 19 février 2026. La page consultée n’a pas permis de vérifier une licence affichée, et l’offre de bienvenue n’a pas pu être documentée sur la source officielle. Sur le critère de la dispersion, Alexander Casino se situe dans la fourchette basse de la bande observée : 12 domaines, soit presque trois fois moins que la moyenne tirée par les cas extrêmes. Pour un joueur qui tomberait sur l’un de ces domaines, l’absence de licence vérifiable et la présence dans la liste noire ferment la question : il n’y a pas de cadre français derrière l’offre.

Le cas d’Alexander Casino est typique des marques récentes du segment : un nom commercial rapidement repris par plusieurs domaines miroirs, peu de trace vérifiable sur la page consultée, et une décision de blocage déjà ancienne au moment de cette vérification. Il n’a pas la profondeur de LeonBet ni l’inventaire de Betify, et c’est ce qui le rend utile comme point d’entrée : il montre ce que la liste noire attrape, sans avoir besoin d’être une marque de référence.

Betify

Betify compte 46 domaines recensés sous ce libellé, premier blocage le 4 mars 2024, dernier le 26 mai 2026. Le volume reflète une stratégie de redéploiement rapide : en un peu plus de deux ans, la marque a accumulé près de trois fois la moyenne basse de la bande, et ses domaines sont typiquement conçus pour exploiter des variantes de mots-clés (plusieurs adresses de la marque) qui ciblent le marché français en clair. La licence affichée n’est pas vérifiable sur les domaines bloqués.

Pour le joueur, l’avertissement est double. D’abord, l’ampleur du nombre de domaines trahit une marque qui joue le jeu de la persistance par rotation, et qui sera vraisemblablement attrapée à nouveau par de nouveaux blocages. Ensuite, la structure des noms de domaine montre une marque qui cible explicitement le marché français — ce qui la place dans le périmètre direct de la loi du 2 mars 2022 et de la procédure de blocage. Un domaine Betify qui apparaît dans un résultat de recherche est, par construction statistique, une URL que l’ANJ a déjà examinée.

MyStake

MyStake recense 10 domaines bloqués, premier le 13 juin 2022, dernier le 26 avril 2023. La marque a une particularité dans ce lot : les pages officielles ont renvoyé une erreur HTTP 403 à deux tentatives distinctes de vérification, ce qui rend toute fiche « officielle » de l’offre non recoupable. Une fiche d’affiliation isolée, non recoupée, mentionne une licence Curaçao Gaming Authority sous le numéro OGL/2024/250/0115 — un numéro qui, comme tous les numéros de licence Curaçao partagés par de nombreux sous-licenciés, ne dit rien par lui-même. La même source cite un dépôt minimum de 24 € en général, de 20 € pour être éligible au bonus, et une condition de mise de 35× à remplir sous 30 jours avec une mise maximale de 5 € par tour lorsqu’un bonus est actif — mais ces chiffres ne sont pas vérifiables sur le site officiel et restent à l’état de fiche d’affiliation.

Le cas MyStake illustre deux choses à la fois. D’abord, le risque informationnel : quand la source officielle est inaccessible, l’offre réellement rencontrée par le joueur ne se laisse pas documenter de manière fiable, et les fiches publiques se contredisent fortement, de « 153 % jusqu’à 555 € + 205 tours gratuits » à « 300 % jusqu’à 1 500 € » selon la source. Ensuite, le risque de fond : MyStake figure dans la liste noire depuis juin 2022 et reste l’une des marques les plus visibles du segment, ce qui en dit long sur la persistance du trafic malgré les blocages.

LeonBet

LeonBat occupe la tête de la bande par l’ampleur : 116 domaines bloqués sous ce libellé, premier le 15 décembre 2023, dernier le 20 novembre 2025. C’est le volume le plus élevé de tout le lot retenu, et il dépasse d’un facteur proche de quatre la moyenne pondérée. La dispersion est telle qu’on peut considérer la marque comme une hydre : chaque blocage d’un domaine ouvre la place à un nouveau, et la marque réapparaît sous d’autres suffixes (.bet, .casino, .club, .net) avec la même promesse de produit.

La lecture pour un joueur est sans ambiguïté : 116 domaines bloqués sous un même libellé en moins de deux ans est un signal qu’aucun argument de licence affichée ne peut effacer. Quand une marque a fait l’objet de cette ampleur de décisions administratives, la question n’est plus « est-ce que ce site est fiable » mais « pourquoi ce site existe-t-il encore ». La réponse courte est dans le fichier public : parce que la marque continue de déployer des domaines, et parce que chaque nouveau domaine est, pour un temps, accessible depuis la France.

LuckyTreasure

LuckyTreasure recense 7 domaines bloqués, premier le 14 juin 2023, dernier le 11 avril 2024. C’est la marque la moins dispersée du lot retenu, et c’est aussi celle dont la période d’activité bloquée est la plus ramassée : un an entre la première et la dernière décision. La licence affichée n’a pas pu être vérifiée.

Le cas LuckyTreasure est utile parce qu’il montre qu’une marque peut être bloquée, retirée en partie, et relativement discrète — sans pour autant devenir légale. Sept domaines sous le même libellé suffisent à matérialiser une marque dans la liste noire, et la brièveté de la période ne change rien à la nature de l’offre. Un joueur qui croise LuckyTreasure aujourd’hui tombe sur un domaine qui n’est peut-être pas dans la liste noire actuelle, et c’est précisément le piège que la page de l’ANJ dénonce : « si le site ne figure pas dans cette liste, cela ne signifie pas qu’il est autorisé ».

Casino Extra

Casino Extra apparaît sous le libellé CASINOEXTRA, avec 4 domaines saisis (plusieurs adresses de la marque), premier et dernier actes non datés dans la fiche synthétique mais la marque étant traitée comme une seule et même marque bloquée. La licence affichée sur la page consultée est Anjouan Gaming Board, sous le numéro ALSI-142406012-FI1, au nom de l’entité Samaki Limited — une licence qui n’a aucune valeur en France pour le produit considéré, quelle qu’elle soit par ailleurs.

Le site fonctionne exclusivement en cryptomonnaies — Bitcoin, Ethereum, Litecoin, USDT et TRX — et n’accepte pas l’euro. Le retrait annoncé est de 24 heures pour les cryptomonnaies. L’offre de bienvenue rencontrée est de 100 % jusqu’à 350 € plus 100 tours gratuits au premier dépôt, complétée par des bonus de 50 % sur les deuxième et troisième dépôts. Le multiplicateur exact de mise n’est pas précisé sur la page consultée. Casino Extra est, dans ce lot, le cas où le plus de chiffres sont documentés, et c’est aussi le cas qui montre le mieux ce qu’ils valent : une marque bloquée, une licence offshore non valable en France, une mécanique de paiement qui sort du circuit bancaire, et des conditions de mise non publiées. Le volume documentaire ne change rien au statut légal du produit.

WinUnique

WinUnique se présente à travers un dispositif qui mérite d’être décrit, parce qu’il est caractéristique de la manière dont le segment illégale s’adapte. Le domaine se présente comme un « guide des machines à sous » — fournisseurs, RTP, filtres, compatibilité mobile — et redirige (code 301) vers une autre plateforme, un casino en argent réel avec inscription. La marque WINUNIQUE figure dans la liste noire de l’ANJ, et la redirection ne fait que la faire apparaître sous une autre URL au joueur qui pensait consulter un guide.

Le site affiche en pied de page une licence Curaçao eGaming (CEG), licence maîtresse n° 1668/JAZ, exploitée par l’entité Play Logia N.V., société de droit curaçaoais. Ce numéro est partagé par de nombreux sous-licenciés et n’est donc pas, en lui-même, discriminant. L’offre de bienvenue rencontrée est de 250 % de bonus jusqu’à 3 000 € plus 300 tours offerts, complétée par une offre hebdomadaire de rechargement de 50 % avec tours gratuits. La page consultée indique un plafond de retrait hebdomadaire de 1 500 € et documente un cas observé de 14 jours de délai pour un retrait de 150 €, avec un rejet initial lié à la vérification KYC — un délai et un plafond qui se passent de commentaire.

WinUnique illustre un cas où la « sécurité » technique existe réellement — licence affichée, conditions de retrait documentées, vérification KYC mentionnée — sans que le statut légal du produit change pour le joueur français. La sécurité du transport des données et la sécurité juridique du produit sont deux questions distinctes, et la page doit les traiter comme telles.

La protection du joueur : ce qui existe, et ce qui ne s’applique pas

Le joueur français dispose d’un outil national de protection : l’interdiction volontaire de jeux, ou IVJ. La procédure en ligne, disponible depuis mai 2026, s’appuie sur une vérification d’identité via IDnow — téléchargement et vérification de la pièce d’identité, selfie dynamique — et dure environ quinze minutes pour une demande en ligne. La durée minimale de l’inscription est de trois ans ; passé ce délai, l’interdiction se prolonge indéfiniment tant que la personne n’a pas explicitement demandé la levée de son interdiction auprès de l’ANJ.

L’IVJ protège le joueur sur les opérateurs agréés par l’ANJ — casinos physiques, clubs de jeux, paris sportifs, paris hippiques, poker, FDJ, PMU. Elle ne le protège sur aucun casino en ligne offshore, ces derniers n’étant pas raccordés au système. Dit autrement : un joueur inscrit à l’IVJ et qui se connecterait à un casino offshore ne sera pas bloqué par le dispositif, parce que le dispositif ne sait pas qu’il est là. Cette limite est connue du régulateur et explique pourquoi la campagne d’information de l’ANJ sur les casinos en ligne cible explicitement le risque d’addiction du segment, et non seulement son illégalité.

Pour un joueur qui s’est inscrit à l’IVJ, l’effet est donc asymétrique. L’inscription agit comme un verrou sur l’offre légale, ce qui n’est pas rien. Elle laisse en revanche l’offre illégale intacte, ce qui est le piège. La bonne pratique, lorsque l’inscription à l’IVJ est envisagée, est de considérer qu’elle réduit le risque sur un périmètre et qu’elle ne le ferme pas. La modération — c’est-à-dire les limites de dépôt, de mise et de temps que le joueur fixe lui-même sur les opérateurs agréés — complète le dispositif sans le remplacer, et reste elle aussi inopérante sur les sites offshore.

Publicité et responsabilité de l’éditeur : un risque à 100 000 €

En France, faire la publicité d’un site de jeux d’argent illégal constitue une infraction pénale passible d’une amende de 100 000 €. La règle vise les opérateurs, mais elle vise aussi les éditeurs et affiliés qui relayent cette publicité — un détail qui concerne directement les guides et sites comparatifs. La règle est ancienne et tient toujours en 2026.

La conséquence pour un guide qui recommande un casino offshore dépasse le cadre de la simple conformité. L’éditeur qui relaie la publicité d’un site illicite engage sa responsabilité au même titre que l’opérateur, et l’ANJ dispose d’un levier administratif direct depuis la loi du 2 mars 2022 pour ordonner le blocage et le déréférencement. Pour un lecteur, la conséquence est d’ordre pratique : un guide sérieux sur le sujet ne peut pas recommander un casino offshore, et il ne peut pas non plus reproduire ses codes promotionnels sans engager une responsabilité analogue. C’est précisément la raison pour laquelle cette page décrit les marques sans les recommander, et donne les chiffres sans les transformer en argument de vente.

Lecture critique du paysage : ce que les chiffres disent, ce qu’ils taisent

Le chiffre qui structure le plus fortement le paysage français est celui de l’étude PwC publiée par l’ANJ : entre 748 millions et 1,5 milliard d’euros de produit brut des jeux pour le segment illégal, soit 5 % à 11 % du marché total des jeux d’argent en France sur la période janvier-mars 2023. C’est une bande, pas un point, et la bande est elle-même une approximation — l’étude porte sur un trimestre et un échantillon de 510 sites, ce qui est considérable pour le périmètre mais n’épuise pas l’offre.

Quelques enseignements opérationnels. D’abord, le segment illégal n’est pas marginal : à 11 % du marché dans la borne haute, il pèse autant que l’écart de TVA entre deux régimes, et il est structuré autour d’un petit nombre d’acteurs. 21 sites concentrent 60 % du trafic, et 79 % du produit brut des jeux du segment provient de joueurs présentant des pratiques de jeu à risque. Le produit n’est pas seulement illégal : il est structurellement tourné vers les joueurs les plus exposés, ce que la campagne d’information de l’ANJ a redit sans détour le 7 octobre 2024.

Ensuite, la mécanique des domaines miroirs ne découle pas d’une fantaisie technique mais d’une stratégie de contournement. LeonBet avec 116 domaines, Betify avec 46, Alexander Casino avec 12, LuckyTreasure avec 7 — chaque marque répond aux blocages par de nouvelles adresses, et le coût administratif est porté par l’ANJ. C’est précisément ce qui rend la lecture de la liste noire essentielle : un joueur qui consulte le fichier public avant de cliquer dispose d’une information que le moteur de recherche ne lui donne pas.

Enfin, l’absence d’une marque dans la liste noire n’est pas une garantie. Le régulateur le dit explicitement : « si le site ne figure pas dans cette liste, cela ne signifie pas qu’il est autorisé ». La règle vaut pour les marques récentes, les marques discrètes, et les marques qui n’ont pas encore fait l’objet d’une décision.

Repères de comparaison : ce que les six marques partagent et ce qui les distingue

Le tableau ci-dessous rassemble les éléments documentés pour chacune des six marques retenues. Il ne s’agit pas d’un classement, et les colonnes reflètent ce que la vérification a permis d’établir — pas ce qu’elle aurait permis d’inventer. Les marques apparaissent dans l’ordre du fichier public de blocage.

Marque Verticales agréées à l’ANJ Domaines recensés sous la marque Décision de blocage la plus récente
Alexander Casino — 12 19/02/2026
Betify — 46 26/05/2026
MyStake — 10 26/04/2023
LeonBet — 116 20/11/2025
LuckyTreasure — 7 11/04/2024
Casino Extra — 4 —

Aucune des six marques ne figure dans une colonne « verticale agréée », parce qu’aucune ne peut l’être. Le casino en ligne reste hors du périmètre de l’agrément, et c’est précisément ce qui justifie l’existence même de la liste noire. Pour le reste, le tableau parle de lui-même : la dispersion des domaines est très inégale, et c’est la dispersion, plus que la date du dernier blocage, qui donne la mesure du travail administratif accompli sur chaque marque.

Questions fréquentes

Un casino en ligne peut-il être légalement « sécurisé » en France s’il n’est pas agréé par l’ANJ ?

Non. La « sécurité » au sens technique — chiffrement, RNG audité, KYC — peut exister sur un site non agréé, mais elle ne se confond pas avec la sécurité juridique. Sans agrément, le joueur français ne dispose d’aucun des mécanismes qui font la protection effective : pas de raccordement à l’IVJ, pas de médiation en cas de litige, pas de contrôle préalable du produit par l’ANJ. La sécurité technique protège le transport des données, pas le statut légal du produit.

Quels sont les seuls jeux d’argent en ligne autorisés en France en 2026 ?

Trois verticales : les paris sportifs, les paris hippiques et le poker en ligne (les « jeux de cercle »). La liste publiée par l’ANJ comptait 17 entités juridiques titulaires d’un agrément réparties sur 22 noms de domaine en .fr. Aucun casino en ligne — machines à sous, roulette, blackjack, baccara — ne figure dans le périmètre de l’agrément, et le projet de légalisation a été abandonné en octobre 2024.

Comment un joueur peut-il vérifier si un casino en ligne visé est bloqué par l’ANJ ?

Le fichier public des décisions de blocage, mis à jour par l’ANJ, recense les sites bloqués et déréférencés depuis mars 2022. Il est consultable sur le site de l’ANJ. La page de la liste noire précise qu’elle est « non-exhaustive » : un site absent de la liste n’est pas, de ce fait, autorisé. Le fichier reste la source de référence opposable pour le joueur, et son absence vaut signal et non feu vert.

Que risque un site ou un affilié qui fait la publicité d’un casino en ligne non autorisé en France ?

La publicité d’un site de jeux d’argent illégal est une infraction pénale passible d’une amende de 100 000 €. La règle vise les opérateurs, mais elle vise aussi les éditeurs, affiliés et guides qui relaient cette publicité. La loi du 2 mars 2022 permet en outre au président de l’ANJ d’ordonner le blocage et le déréférencement du site ou du support publicitaire, ce qui peut être exécuté plus vite que la sanction judiciaire.

L’interdiction volontaire de jeux protège-t-elle un joueur sur un casino en ligne offshore ?

Non. L’IVJ protège le joueur sur les opérateurs agréés par l’ANJ — casinos physiques, clubs de jeux, paris sportifs, paris hippiques, poker, FDJ, PMU. Elle ne le protège sur aucun casino en ligne offshore, ces sites n’étant pas raccordés au système. Un joueur inscrit à l’IVJ peut donc continuer à jouer sur un casino offshore sans que le dispositif l’arrête — c’est précisément la limite que la campagne d’information de l’ANJ a cherché à rappeler.

Pourquoi le casino en ligne reste-t-il interdit en France alors que les paris sportifs et le poker sont autorisés ?

Le régime français repose sur un partage explicite : les verticales jugées compatibles avec un contrôle de l’addiction — paris sportifs, hippiques, poker — sont ouvertes à l’agrément sous conditions ; les autres, dont les machines à sous, la roulette et les jeux de table de casino, sont maintenues hors du champ de l’agrément en raison de leur potentiel d’addiction jugé supérieur. Le projet de légalisation du casino en ligne a été abandonné le 28 octobre 2024 face à l’opposition des casinos terrestres, et remplacé par une concertation nationale toujours en cours.

Quels signes distinguent un site de casino fiable d’un site frauduleux ou d’un domaine capturé se faisant passer pour un « guide » ?

Le premier signe est l’agrément ANJ, et en son absence pour un casino, l’avertissement est sans appel : le produit n’est pas agréé. Le second signe est la transparence sur l’identité de l’opérateur — entité, licence, juridiction — et sa cohérence avec le produit offert. Le troisième signe est la cohérence entre le message publicitaire et le contenu réel : un site qui se présente comme un « guide des machines à sous » et qui redirige vers un casino en argent réel n’est pas un guide, c’est une façade. Enfin, le raccordement au dispositif d’IVJ est, pour le joueur français, le seul test opérationnel de protection effective, et aucun casino offshore ne le propose.